Here under follows the transcription of the introduction of the second section of Houston Stewart Chamberlain's La Genèse du XIXme siècle, 6th. ed., published by Librairie Payot, 1913.

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Texte original : Die Grundlagen des neunzehnten Jahrhunderts
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TABLE DES MATIÈRES

PRÉFACES
INTRODUCTION GÉNÉRALE

PREMIÈRE SECTION : L'HÉRITAGE
INTRODUCTION
CHAPITRE I : L'ART ET LA PHILOSOPHIE HELLÉNIQUES
CHAPITRE II : LE DROIT ROMAIN
CHAPITRE III : LE CHRIST

DEUXIÈME SECTION : LES HÉRITIERS
INTRODUCTION
CHAPITRE IV : LE CHAOS ETHNIQUE
CHAPITRE V : L'AVÈNEMENT DES JUIFS DANS L'HISTOIRE OCCIDENTALE
CHAPITRE VI : L'AVÈNEMENT DES GERMAINS DANS L'HISTOIRE UNIVERSELLE

TROISIÈME SECTION : LA LUTTE
INTRODUCTION
CHAPITRE VII : RELIGION
CHAPITRE VIII : ETAT
CHAPITRE IX : DE L'AN 1200 À L'AN 1800
A. Les Germains comme créateurs d'une culture nouvelle
B. Aperçu historique
1. Découverte
2. Science
3. Industrie
4. Economie sociale
5. Politique et Eglise
6. Conception du monde et religion
7. Art
ANNEXE
INDEX


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DEUXIÈME SECTION

LES HÉRITIERS

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Le noble don de distinguer à coup sûr ce qui
est glorieux de ce qui est glorifié.
Goethe.

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INTRODUCTION

JUSTIFICATION

    Qui a recueilli l'héritage de l'antiquité ? La connaissance des héritiers est, pour le moins, aussi importante que celle de l'héritage; elle est, si possible, encore plus malaisée : car elle exige l'étude des problèmes de race, problèmes que la science n'a pas résolus depuis quelque trente ans qu'ils l'occupent, mais dont au contraire elle a fait apparaître la désespérante complexité. Et pourtant, c'est de la réponse qui pourra être donnée à cette question que doit dépendre notre compréhension du dix-neuvième siècle. Il s'agit donc ici de se montrer à la fois prudent et hardi. Il s'agit, comme j'en avertissais le lecteur dans ma préface, de frayer notre voie entre l'écueil d'une science à peu près inaccessible, fort incertaine en ses résultats, et le bas-fond des généralisations aventureuse, sans consistance et sans fondement. La nécessité : voilà ce qui nous contraint de tenter l'audacieuse entreprise.

LE CHAOS ETHNIQUE

    Rome avait déplacé vers l'Occident le centre de gravité de la civilisation. Elle accomplit ainsi un de ces actes inconscients que l'avenir démontre suprêmement importants pour l'histoire universelle, et contre lesquels aucune puissance ne saurait efficacement réagir. La partie de l'Europe que sa situation « détournait » de l'Asie — si l'on peut ainsi parler — allait devenir le foyer de toute civilisation et de toute culture. Mais cela ne se produisit que peu
à peu. Ce fut, d'abord, la politique uniquement qui se concentra vers

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l'Ouest et vers le Nord. Intellectuellement, Rome demeura longtemps tributaire de l'ancien centre oriental de culture; et dans les premiers siècles de notre ère, tout ce qui compte à cet égard, en dehors de Rome, est situé au Sud ou à l'Est de l'Italie. Alexandrie, Ephèse, Antioche, la Syrie en général, la Grèce avec Byzance, ainsi que Carthage et les autres villes de l'Africa vetus : voilà les contrées où fut recueilli et administré l'héritage, en attendant que leurs habitants le transmissent à d'autres peuples. Or, ces pays précisément n'étaient, pas plus que Rome même, habités par tel ou tel peuple déterminé; ils offraient un pêle-mêle inextricable de races infiniment diverses. À les bien considérer, c'est le chaos, et un chaos persistant. Refoulé en bien des endroits par l'irruption de races pures, parfois victime de son propre défaut de caractère, de son incapacité, de sa vanterie, et tombé ainsi au-dessous du niveau de l'humanité qui compte, l'élément chaotique ne s'en est pas moins indubitablement conservé au Sud et à l'Est; et souvent de nouveaux mélanges ont contribué à le renforcer. C'est là un premier point à retenir, un fait gros de conséquences. Songeons, par exemple, que toutes les assises sur lesquelles s'est élevé l'édifice historique du christianisme ont été posées par cette population métissée. À l'exception de quelques Grecs (mais qui d'ailleurs, Origène tout le premier, se montraient fort peu orthodoxes et propageaient des doctrines directement antijuives, qu'ils ne réussirent point à accréditer) ¹), on ne pourrait
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    ¹) Origène, par exemple, était franchement pessimiste (au sens métaphysique du mot) et par cela seul il atteste déjà sa race indo-européenne. Il voyait partout dans le monde la souffrance, et il en induisait que ce monde n'a pas pour principal but la jouissance du bonheur destiné aux hommes par Dieu, mais le « détournement » d'un mal (rappelons-nous l'enseignement capital du Christ, ce « retournement » de la volonté dont il a été question plus haut). Saint Augustin, le métis africain, eut beau jeu pour le réfuter : il invoqua le premier chapitre du premier livre de la Thora juive pour établir que tout était bien et que « le monde existe par ce seul et unique motif qu'il a plu à un Dieu bon de créer quelque chose d'absolument bon » (voir son instructive

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citer un Père de l'Église dont la race — je ne dis pas unique, mais dominante — se laisse conjecturer avec quelque vraisemblance. Il en est de même du Corpus juris. Ici aussi, c'est le chaos (le chaos figuré par l'imagination grecque dans la Mère d'Erebos et de Nyx, de Ténèbres et de Nuit) qui eut mission de transformer — ou de travestir — l'œuvre vivante d'un peuple vivant en un Dogme international; sous son influence, l'art, perdant de plus en plus le caractère d'une activité personnelle et librement créatrice, dégénéra en un maniement mécanique de formules hiératiques; et à la place des hautes spéculations philosophiques des Hellènes, que l'on se mit à singer sans les comprendre, se développa la fantasmagorie cabalistique des démiurges, des anges et des démons — de toutes ces creuses représentations que l'on pourrait grouper sous la rubrique: « matérialisme aérien » ¹). Eh bien, c'est sur ce CHAOS ETHNIQUE qu'il nous faut tout d'abord porter notre attention.

LES JUIFS

    Un seul peuple subsiste dans son sein, comme un rocher aux arêtes aiguës se dresse au milieu de l'informe océan, un tout petit peuple : les Juifs. C'est l'unique groupe d'hommes qui se soit imposé cette loi fondamentale : la pureté de la race; aussi possède-t-il seul une physionomie et du caractère. Si l'on passe en revue les centres de culture méridionaux et orientaux de l'empire mondial qui s'achemine à la dissolution, si l'on se défend dans cet examen de toute sympathie ou antipathie préconçue, on constate qu'il n'y a qu'une nation, la juive, qui mérite, comme telle, le respect.
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démonstration De Civitate Dei l. XI, ch. 23). À quoi il ajoute d'un accent triomphal ce second et convaincant argument : si Origène avait raison, il faudrait que les êtres les plus pécheurs eussent les corps les plus matériels et que les diables fussent visibles; or chacun sait que les diables ont des corps aériformes et partant invisibles; donc, etc. C'est ainsi que les pensées du chaos l'emportèrent sur la religion métaphysique (on trouve littéralement les mêmes déductions dans le Guide de l'Égaré du Juif Maimonide).
    ¹) Luftiges Gesindel, dit plus sévèrement Bürger dans sa Lénore.


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Combien justement s'applique à ce peuple le mot de Goethe : « Vaste la foi, étroite la pensée ! » En comparaison de Rome et, bien davantage encore, de la Grèce, son horizon spirituel nous apparaît si étroit, ses facultés intellectuelles s'attestent si bornées, que nous doutons s'il ne constitue pas une espèce à part, d'essence différente; pourtant, ce qui manque à sa pensée en étendue et en aptitude créatrice, la puissance de sa foi le compense richement. Cette foi se laisserait définir, après une première analyse, très simplement : c'est la foi en soi-même. Mais comme la foi en soi-même implique chez le Juif la foi en un être supérieur, elle n'est pas dépourvue de portée morale. Quelque piètre impression que produise la Loi juive auprès des créations religieuses des divers peuples indo-européens, il est un avantage qu'elle possédait seule dans l'empire romain décadent : c'est précisément qu'elle était une LOI; à cette loi des hommes obéissaient humblement, et cette obéissance devait exercer moralement une action considérable sur un monde où régnait la licence la plus effrénée. Ici, comme partout ailleurs, nous remarquons que l'influence du Juif — en bien et en mal — se fonde sur son caractère, non sur sa valeur intellectuelle. Certains historiens du dix-neuvième siècle, et même un penseur aussi clairvoyant que Gobineau, soutiennent que le judaïsme exerce toujours et sur tous les peuples une action dissolvante. Je ne saurais me ranger à cette opinion. Sans doute il arrive que les Juifs, quand leur nombre s'est fortement accru dans un pays étranger, croient le moment venu de réaliser les menaçantes promesses de leurs prophètes et se disposent, avec la meilleure conscience du monde, à « dévorer las nations » — ne se comparaient-ils pas déjà, au temps de Moïse, à une nuée de sauterelles ? Mais nous devons apprendre à distinguer entre les Juifs et le judaïsme; nous devons reconnaître que celui-ci représente, en tant qu'idée, un principe éminemment conservateur. La notion de l'unité et de la pureté physiques de la race, qui fait le fond du judaïsme, implique l'admission d'un fait physiologique capital : où

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que nous observions la vie, dans la moisissure ou dans le plus noble animal, nous rencontrons ce fait — la « race » — et nous nous instruisons du sens réel de ce mot. Le judaïsme a consacré cette loi de la nature. Voilà pourquoi il a traversé victorieusement, cette heure critique de l'histoire du monde où s'ouvrait un riche héritage, sans héritiers dignes de le recueillir. Loin d'activer la dissolution générale, il la réprima. Le dogme juif fut l'acide violent que l'on introduit dans un liquide entré en décomposition pour le clarifier, pour le préserver d'une corruption plus avancée. On peut ne pas juger l'acide agréable au palais, mais cela n'a rien à voir avec sa fonction. Dans l'histoire de l'époque culturelle à laquelle nous appartenons, le judaïsme a joué un rôle si décisif qu'il s'est acquis de grands titres à notre gratitude. Plutôt que de récuser notre dette, mieux vaudrait nous rendre compte de sa nature exacte. Peut-être y réussirons-nous en recherchant ici ce que signifie L'AVÈNEMENT DES JUIFS dans l'histoire occidentale — phénomène dont on ne saurait, dans aucun cas, nier l'incalculable portée pour notre culture en voie de formation.
    Un mot encore pour prévenir toute équivoque dans le chapitre qui va suivre. Je parle de Juifs, non de Sémites en général : ce n'est pas que je méconnaisse le rôle de ces derniers dans l'histoire universelle, c'est que ma tâche est bornée dans le temps et dans l'espace. Sans doute, d'autres branches de la race sémitique avaient, depuis bien des siècles, fondé de puissants empires sur les côtes méridionales et orientales de la Méditerranée et des comptoirs de commerce jusque sur les côtes de l'Atlantique; sans doute aussi, ces peuples avaient transmis à leurs successeurs toutes sortes de suggestions, et propagé à travers le monde mainte connaissance et mainte technique : jamais pourtant ne s'était produit de contact spirituel plus intime entre eux et les autres habitants de l'Europe future. Ce contact s'établit par les Juifs — non pas toutefois par ces millions qui constituaient la Diaspora, mais proprement par l'idée CHRÉ-

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TIENNE. C'est seulement depuis l'instant où les Juifs mirent le Christ en croix que se trouva rompu, sans qu'ils en eussent conscience, le sortilège qui les isolait dans leur ignorant orgueil. — Plus tard, on le sait, passa encore une fois sur le monde européen, asiatique et africain, une vague sémitique : sans la destruction de Carthage par Rome, nul doute qu'elle n'eût fait irruption mille ans plus tôt et n'eût alors inondé l'Europe pour toujours ¹). Cette fois encore l'« idée» sémitique — vaste la foi, étroite la pensée — s'attesta plus puissante que ses champions : les Arabes furent peu à peu repoussés et, à la différence des Juifs, durent abandonner jusqu'au dernier le sol européen; mais partout où avait pris pied la sorte d'idolâtrie abstraite qui leur est particulière ²), toute possibilité de culture disparut : des races nobles furent pour toujours « désâmées », si je peux ainsi dire, par le dogme sémitique du matérialisme qui, dans ce cas, et à la différence du christianisme, s'était conservé pur de tout mélange aryen; et elles demeurèrent exclues de « la race qui s'efforce vers la lumière ». — Seuls d'entre les Sémites, les Juifs, on le voit, collaborèrent positivement à notre culture; et ils recueillirent aussi — dans la mesure où le permettait leur esprit très assimilateur — une part de l'héritage de l'antiquité.

LES GERMAINS

    À l'expansion de ce peuple infinitésimal et si prodigieusement influent, il y a une contre-partie : L'AVÈNEMENT DES GERMAINS dans l'histoire universelle. Ce phénomène aussi nous renseignera sur ce qu'il faut entendre par la pureté de la race; mais nous apprendrons de plus, en l'étudiant, ce que signifie la différence des races — ce grand principe naturel de la variété et de l'inégalité dans les aptitudes, que nient aujourd'hui tant d'insipides et charlatanesques bavards. Plaignons ces âmes d'esclaves, issues du chaos ethnique, et
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    ¹) Voir dans le chapitre sur le droit romain la section qui porte ce sous-titre : « La lutte contre les Sémites ».
    ²) Voir dans le chapitre sur le Christ : « La volonté chez les Sémites. »


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que tourmente la nostalgie de sa bouillie amorphe où ne surnage ni caractère ni individualité. Juifs et Germains — telles sont encore les deux puissances qui se dressent en face l'une de l'autre, partout où un retour offensif du chaos n'a pas effacé leurs traits : tantôt amies, tantôt ennemies, toujours étrangères.
    Je répète que le mot « Germains » désigne dans ce livre les différentes peuplades nord-européennes qui apparaissent dans l'histoire sous les types du Celte, du Germain proprement dit et du Slave, et desquelles — ou du mélange inextricable desquelles — sont issus les peuples de l'Europe moderne. Qu'elles appartinssent originairement à une seule et même famille, c'est un fait certain que je m'efforcerai d'établir au chapitre VI; mais le Germain au sens restreint du mot (qui est celui de Tacite) s'est avéré si éminent entre tous ses parents, au triple point de vue intellectuel, moral et physique, que je me crois fondé à employer son nom pour désigner la famille entière. Le Germain est l'âme de notre culture. L'Europe d'aujourd'hui, avec ses ramifications sur toute la surface du globe terrestre, offre le spectacle d'une bigarrure infinie, provenant d'une infinie variété de mélanges : ce qui nous lie les uns aux autres et nous rattache à un centre d'unité organique, c'est le sang germanique. Regardons autour de nous, et nous constaterons que l'importance de chaque nation, comme force vive, dépend de la proportion de sang purement germanique dans sa population. Tous les trônes de l'Europe sont occupés par des Germains. — Les faits qu'a enregistrés jusque là l'histoire universelle, ce sont pour nous des prolégomènes; la vraie histoire, l'histoire qui gouverne aujourd'hui encore le rythme de notre cœur, l'histoire qui court dans nos veines et nous incite à de lointains espoirs, à de futures créations, elle commence au moment où le Germain saisit de sa forte main l'héritage de l'antiquité.

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Dernière mise à jour : 16 mars 2008