Here
under follows the transcription of the introduction of the second section of Houston Stewart
Chamberlain's La
Genèse du XIXme siècle,
6th. ed.,
published
by Librairie Payot, 1913.
TABLE DES MATIÈRES
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341
DEUXIÈME SECTION
LES HÉRITIERS
—————
Le noble don
de distinguer à coup sûr ce qui
est
glorieux
de ce qui est glorifié.
Goethe.
342
(Page vide)
343
INTRODUCTION
JUSTIFICATION
Qui a recueilli l'héritage de
l'antiquité ? La
connaissance des héritiers est, pour le moins, aussi
importante que celle de l'héritage; elle est, si possible,
encore plus malaisée : car elle exige l'étude des
problèmes de race, problèmes que la science n'a pas
résolus depuis quelque trente ans qu'ils l'occupent, mais dont
au contraire elle a fait apparaître la désespérante
complexité. Et pourtant, c'est de la réponse qui pourra
être donnée à cette question que doit
dépendre notre compréhension du dix-neuvième
siècle. Il s'agit donc ici de se montrer à la fois
prudent et hardi. Il s'agit, comme j'en avertissais le lecteur dans ma
préface, de frayer notre voie entre l'écueil d'une
science à peu près inaccessible, fort incertaine en ses
résultats, et le bas-fond des généralisations
aventureuse, sans consistance et sans fondement. La
nécessité : voilà ce qui nous contraint de
tenter l'audacieuse entreprise.
LE CHAOS ETHNIQUE
Rome avait déplacé vers l'Occident le
centre de
gravité de la civilisation. Elle accomplit ainsi un de ces actes
inconscients que l'avenir démontre
suprêmement importants pour l'histoire universelle, et contre
lesquels aucune puissance ne saurait efficacement réagir. La
partie de l'Europe que sa situation « détournait »
de l'Asie — si l'on peut ainsi parler — allait devenir le foyer de
toute
civilisation et de toute culture. Mais cela ne se produisit que peu à
peu. Ce fut, d'abord, la politique uniquement qui se concentra vers
344
LES HÉRITIERS — INTRODUCTION
l'Ouest et vers le Nord.
Intellectuellement, Rome demeura longtemps
tributaire de l'ancien centre oriental de culture; et dans les premiers
siècles de notre ère, tout ce qui compte à cet
égard, en dehors de Rome, est situé au Sud ou à
l'Est de l'Italie. Alexandrie, Ephèse, Antioche, la Syrie en
général, la Grèce avec Byzance, ainsi que Carthage
et les autres villes de l'Africa vetus
: voilà les
contrées où fut recueilli et administré
l'héritage, en attendant que leurs habitants le transmissent
à d'autres peuples. Or, ces pays précisément
n'étaient, pas plus que Rome même, habités par tel
ou tel peuple déterminé; ils offraient un
pêle-mêle inextricable de races infiniment diverses.
À les
bien considérer, c'est le chaos, et un chaos persistant.
Refoulé en bien des endroits par l'irruption de races pures,
parfois victime de son propre défaut de caractère, de son
incapacité, de sa vanterie, et tombé ainsi au-dessous du
niveau de l'humanité qui compte, l'élément
chaotique ne s'en est pas moins indubitablement conservé au Sud
et à l'Est; et souvent de nouveaux mélanges ont
contribué à le renforcer. C'est là un premier
point à retenir, un fait gros de conséquences. Songeons,
par exemple, que toutes les assises sur lesquelles s'est
élevé l'édifice historique du christianisme ont
été posées par cette population
métissée. À l'exception de quelques Grecs (mais
qui
d'ailleurs, Origène tout le premier, se montraient fort peu
orthodoxes et propageaient des doctrines directement antijuives, qu'ils
ne réussirent point à accréditer) ¹), on ne
pourrait
—————
¹) Origène, par exemple,
était franchement pessimiste (au
sens métaphysique du mot) et par cela seul il atteste
déjà sa race indo-européenne. Il voyait partout
dans le monde la souffrance, et il en induisait que ce monde n'a pas
pour principal but la jouissance du bonheur destiné aux hommes
par Dieu, mais le « détournement » d'un mal
(rappelons-nous l'enseignement capital du Christ, ce «
retournement
» de la volonté dont il a été question plus
haut). Saint Augustin, le métis africain, eut beau jeu pour le
réfuter : il invoqua le premier chapitre du premier livre de la
Thora juive pour établir que tout était bien et que
« le
monde existe par ce seul et unique motif qu'il a plu à un Dieu
bon de créer quelque chose d'absolument bon » (voir son
instructive
345 LES HÉRITIERS — INTRODUCTION
citer un Père de
l'Église dont la race — je ne dis pas unique,
mais dominante — se laisse conjecturer avec quelque vraisemblance. Il
en est de même du Corpus juris.
Ici aussi, c'est le chaos (le
chaos figuré par l'imagination grecque dans la Mère
d'Erebos et de Nyx, de Ténèbres et de Nuit) qui eut
mission de transformer — ou de travestir — l'œuvre vivante d'un peuple
vivant en un Dogme international; sous son influence, l'art, perdant de
plus en plus le caractère d'une activité personnelle et
librement créatrice, dégénéra en un
maniement mécanique de formules hiératiques; et à
la place des hautes spéculations philosophiques des
Hellènes, que l'on se mit à singer sans les comprendre,
se développa la fantasmagorie cabalistique des démiurges,
des anges et des démons — de toutes ces creuses
représentations que l'on pourrait grouper sous la rubrique:
« matérialisme aérien » ¹). Eh bien,
c'est
sur ce CHAOS ETHNIQUE qu'il nous faut tout d'abord
porter notre
attention.
LES JUIFS
Un seul peuple subsiste dans son sein, comme un
rocher aux
arêtes aiguës se dresse au milieu de l'informe océan,
un tout petit peuple : les Juifs. C'est l'unique groupe d'hommes qui se
soit imposé cette loi fondamentale : la pureté de la
race; aussi possède-t-il seul une physionomie et du
caractère. Si l'on passe en revue les centres de culture
méridionaux et orientaux de l'empire mondial qui s'achemine
à la dissolution, si l'on se défend dans cet examen de
toute sympathie ou antipathie préconçue, on constate
qu'il n'y a qu'une nation, la juive, qui mérite, comme telle, le
respect.
—————
démonstration
De Civitate Dei l. XI, ch.
23). À quoi il ajoute
d'un accent triomphal ce second et convaincant argument : si
Origène avait raison, il faudrait que les êtres les plus
pécheurs eussent les
corps les plus matériels et que les diables fussent visibles; or
chacun sait que les diables ont des corps aériformes et partant
invisibles; donc, etc. C'est ainsi que les pensées du chaos
l'emportèrent sur la religion métaphysique (on trouve
littéralement les mêmes déductions dans le
Guide de l'Égaré du Juif Maimonide).
¹) Luftiges
Gesindel, dit plus sévèrement Bürger
dans sa Lénore.
346
LES HÉRITIERS — INTRODUCTION
Combien justement s'applique
à ce peuple le mot de Goethe : « Vaste la foi,
étroite la pensée ! » En comparaison
de Rome et, bien davantage encore, de la Grèce, son horizon
spirituel nous apparaît si étroit, ses facultés
intellectuelles s'attestent si bornées, que nous doutons s'il ne
constitue pas une espèce à part, d'essence
différente; pourtant, ce qui manque à sa pensée en
étendue et en aptitude créatrice, la puissance de sa foi
le compense richement. Cette foi se laisserait définir,
après une première analyse, très simplement :
c'est
la foi en soi-même. Mais comme la foi en soi-même implique
chez le Juif la foi en un être supérieur, elle n'est pas
dépourvue de portée morale. Quelque piètre
impression que produise la Loi juive auprès des créations
religieuses des divers peuples indo-européens, il est un
avantage qu'elle possédait seule dans l'empire romain
décadent : c'est précisément qu'elle était
une LOI; à cette loi des hommes
obéissaient
humblement, et cette obéissance devait exercer moralement une
action considérable sur un monde où régnait la
licence la
plus effrénée. Ici, comme partout ailleurs, nous
remarquons que l'influence du Juif — en bien et en mal — se fonde sur
son caractère, non sur sa valeur intellectuelle. Certains
historiens du dix-neuvième siècle, et même un
penseur aussi clairvoyant que Gobineau, soutiennent que le
judaïsme exerce toujours et sur tous les peuples une action
dissolvante. Je ne saurais me ranger à cette opinion. Sans doute
il arrive que les Juifs, quand leur nombre s'est fortement accru dans
un pays étranger, croient le moment venu de réaliser les
menaçantes promesses de leurs prophètes et se disposent,
avec la meilleure conscience du monde, à « dévorer
las nations » — ne se comparaient-ils pas
déjà, au temps de Moïse, à une nuée de
sauterelles ? Mais nous devons apprendre à distinguer entre les
Juifs et le judaïsme; nous devons reconnaître que celui-ci
représente, en tant qu'idée, un principe
éminemment
conservateur. La notion de l'unité et de la pureté
physiques de la race, qui fait le fond du judaïsme, implique
l'admission d'un fait physiologique capital : où
347
LES HÉRITIERS — INTRODUCTION
que nous observions la vie,
dans la moisissure ou dans le plus noble
animal, nous rencontrons ce fait — la « race » — et nous
nous instruisons du sens réel de ce mot. Le judaïsme a
consacré cette loi de la nature. Voilà pourquoi il
a traversé victorieusement, cette heure critique de l'histoire
du monde où s'ouvrait un riche héritage, sans
héritiers dignes de le recueillir. Loin d'activer la dissolution
générale, il la réprima. Le dogme juif fut l'acide
violent que l'on introduit dans un liquide entré en
décomposition pour le clarifier, pour le préserver d'une
corruption plus avancée. On peut ne pas juger l'acide
agréable au palais, mais cela n'a rien à voir avec sa
fonction. Dans l'histoire de l'époque culturelle à
laquelle nous appartenons, le judaïsme a joué un rôle
si décisif qu'il s'est acquis de grands titres à notre
gratitude. Plutôt que de récuser notre dette, mieux
vaudrait nous rendre compte de sa nature exacte. Peut-être y
réussirons-nous en recherchant ici ce que signifie L'AVÈNEMENT
DES JUIFS dans l'histoire occidentale — phénomène
dont on ne
saurait, dans aucun cas, nier l'incalculable portée pour notre
culture en voie de formation.
Un mot encore pour prévenir toute
équivoque dans le
chapitre qui va suivre. Je parle de Juifs, non de Sémites en
général : ce n'est pas que je méconnaisse le
rôle de ces derniers dans l'histoire universelle, c'est que ma
tâche est bornée dans le temps et dans l'espace. Sans
doute, d'autres branches de la race sémitique avaient, depuis
bien des siècles, fondé de puissants empires sur les
côtes méridionales et orientales de la
Méditerranée et des comptoirs de commerce jusque sur les
côtes de l'Atlantique; sans doute aussi, ces peuples avaient
transmis à leurs successeurs toutes sortes de suggestions, et
propagé à travers le monde mainte connaissance et mainte
technique : jamais pourtant ne s'était produit de contact
spirituel plus intime entre eux et les autres habitants de l'Europe
future. Ce contact s'établit par les Juifs — non pas toutefois
par ces millions qui constituaient la Diaspora, mais proprement par
l'idée CHRÉ-
348
LES HÉRITIERS — INTRODUCTION
TIENNE. C'est
seulement depuis l'instant où les Juifs mirent le
Christ en croix que se trouva rompu, sans qu'ils en eussent conscience,
le sortilège qui les isolait dans leur ignorant orgueil. — Plus
tard, on le sait, passa encore une fois sur le monde européen,
asiatique et africain, une vague sémitique : sans la destruction
de Carthage par Rome, nul doute qu'elle n'eût fait irruption
mille ans plus tôt et n'eût alors inondé l'Europe
pour toujours ¹). Cette fois encore l'« idée»
sémitique — vaste la foi, étroite la pensée —
s'attesta plus puissante que ses champions : les Arabes furent peu
à peu repoussés et, à la différence des
Juifs, durent abandonner jusqu'au dernier le sol européen; mais
partout où avait pris pied la sorte d'idolâtrie abstraite
qui leur est particulière ²), toute possibilité de
culture disparut : des races nobles furent pour toujours «
désâmées », si je peux ainsi dire, par le
dogme sémitique du matérialisme qui, dans ce cas,
et à la différence du christianisme, s'était
conservé pur de tout mélange aryen; et elles
demeurèrent exclues de « la race qui s'efforce vers la
lumière ». — Seuls d'entre les Sémites, les Juifs,
on le voit, collaborèrent positivement à notre culture;
et ils recueillirent aussi — dans la mesure où le permettait
leur esprit très assimilateur — une part de l'héritage de
l'antiquité.
LES GERMAINS
À l'expansion de ce peuple
infinitésimal et
si prodigieusement
influent, il y a une contre-partie : L'AVÈNEMENT DES
GERMAINS dans
l'histoire universelle. Ce phénomène aussi nous
renseignera sur ce qu'il faut entendre par la pureté de la race;
mais nous apprendrons de plus, en l'étudiant, ce que signifie la
différence des races — ce grand principe naturel de la
variété et de l'inégalité dans les
aptitudes, que nient aujourd'hui tant d'insipides et charlatanesques
bavards. Plaignons ces âmes d'esclaves, issues du chaos ethnique,
et
—————
¹) Voir dans le chapitre sur le droit romain la section qui porte
ce
sous-titre : « La lutte
contre les Sémites ».
²) Voir dans le chapitre sur le Christ : « La volonté chez les
Sémites. »
349
LES HÉRITIERS — INTRODUCTION
que tourmente la nostalgie de
sa bouillie amorphe où ne surnage
ni caractère ni individualité. Juifs et Germains — telles
sont encore les deux puissances qui se dressent en face l'une de
l'autre, partout où un retour offensif du chaos n'a pas
effacé leurs traits : tantôt amies, tantôt ennemies,
toujours étrangères.
Je répète que le mot « Germains
»
désigne dans ce livre les différentes peuplades
nord-européennes qui apparaissent dans l'histoire sous les types
du Celte, du Germain proprement dit et du Slave, et desquelles — ou du
mélange inextricable desquelles — sont issus les peuples de
l'Europe moderne. Qu'elles appartinssent originairement à une
seule et même famille, c'est un fait certain que je m'efforcerai
d'établir au chapitre VI;
mais le Germain au sens restreint du
mot (qui est celui de Tacite) s'est avéré si
éminent entre tous ses parents, au triple point de vue
intellectuel, moral et physique, que je me crois fondé à
employer son nom pour désigner la famille entière. Le
Germain est l'âme de notre culture. L'Europe d'aujourd'hui, avec
ses ramifications sur toute la surface du globe terrestre, offre le
spectacle d'une bigarrure infinie, provenant d'une infinie
variété de mélanges : ce qui nous lie les uns aux
autres et nous rattache à un centre d'unité organique,
c'est le sang germanique. Regardons autour de nous, et nous
constaterons que l'importance de chaque nation, comme force vive,
dépend de la proportion de sang purement germanique dans sa
population. Tous les trônes de l'Europe sont occupés par
des Germains. — Les faits qu'a enregistrés jusque là
l'histoire universelle, ce sont pour nous des
prolégomènes; la vraie histoire, l'histoire qui gouverne
aujourd'hui encore le rythme de notre cœur, l'histoire qui court dans
nos veines et nous incite à de lointains espoirs, à de
futures créations, elle commence au moment où le Germain
saisit de sa forte main l'héritage de l'antiquité.
—————
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(Page vide)
Dernière mise
à
jour : 16 mars 2008